Afin de célébrer le retour tant attendu de l’opéra en salle, devant public, l’Opéra de Québec présente, du 23 au 30 octobre, quatre représentations de L’Elisir d’amore de Donizetti au Grand Théâtre de Québec. Cette comédie drôle, légère et aux personnages colorés se veut tout à fait de circonstance après ces longs mois de silence pandémique. Dans la fosse, c’est l’Orchestre symphonique de Québec dirigé par Jean-Michel Malouf qui accompagnera cette distribution de haut vol qui comprend des chanteurs exceptionnels : Catherine St-Arnaud, Julien Dran, Hugo Laporte, Julien Véronèse et Lucie St-Martin, avec décors, costumes, et une mise en scène signée Alain Gauthier. Tous les artistes d’ailleurs ont très hâte de vous faire vibrer sur scène. La soprano Lucie St-Martin, qui interprète le rôle de Giannetta, nous partage ses impressions : « Pour moi, remonter sur scène avec un orchestre, un chœur et l’immense équipe qui entoure la production d’un opéra c’est du bonheur à l’état pur. Je sais que je ne suis pas la seule… Nous avons tellement hâte de remonter sur scène – cela se sentira dans la salle c’est évident! » Gageons que le public de Québec sera lui aussi conquis.

L’histoire

L’opéra nous a habitués aux grandes envolées tragiques : or cette fois, pas de larmes! L’histoire est fort simple : un homme (Nemorino) aime une femme (Adina) qui en retour est courtisée par un autre (Belcore). Le schéma classique, en quelque sorte! Mais si vous croyez qu’il s’agit d’une autre histoire d’amour comme il en existe tant, détrompez-vous. De fil en aiguille, Adina et Nemorino réaliseront qu’ils s’aiment davantage qu’ils ne le croyaient au départ et finiront ensemble. Serait-ce grâce au philtre mystérieux de Dulcamara aux vertus soi-disant magiques? Celui-ci a peut-être en effet joué un rôle, mais cet « élixir d’amour » n’est en fait qu’un vin de Bordeaux. Désinformation, gourous, quête de remèdes miracles… cette œuvre aborde des thèmes décidément bien contemporains! Comme le résume avec humour la soprano Catherine St-Arnaud, à qui l’on a confié le rôle d’Adina : « Ceux et celles qui se sont précipités à la SAQ au début de la pandémie n’imaginaient sans doute pas que le vin de Bordeaux allait les guérir… mais ont certainement tout de même profité de ses vertus! » D’ailleurs, si l’on peut dire que l’amour est à l’opéra ce que l’alcool est à la SAQ, ce thème reste néanmoins indémodable; la soprano affirme : « Qu’importe l’époque ou le contexte, nous sommes tous portés par l’amouuuuuuur! »

Un ténor français à Québec

Les répétitions vont bon train et les artistes sont ravis de se retrouver à Québec. Nous avons rencontré certains d’entre eux afin de nous enquérir de leur état d’esprit à une semaine de la grande première. Pour le ténor français Julien Dran, dont c’est la première fois à Québec, lorsqu’on lui demande quel est son coup de cœur de Québec, il répond sans hésiter : « Toute la ville! » et espère avoir bientôt l’occasion d’y revenir. À peine arrivé dans la Capitale-Nationale, il est déjà une star : « J’ai eu le plaisir d’être abordé par des passants tandis que je me baladais, fredonnant mon rôle en marchant. Je leur ai partagé mon amour de cet art qu’est l’opéra et leur ai proposé de venir découvrir ce superbe spectacle pour nous prêter leurs rires et leurs applaudissements. »

Un spectacle à ne pas manquer

Catherine St-Arnaud rappelle que Donizetti, c’est avant tout du « beau chant » avec ses lignes mélodiques qui ne s’essoufflent jamais : « C’est du bel canto, alors je veux rendre justice aux magnifiques lignes vocales écrites par Donizetti! »

Mais au fait, pourquoi devriez-vous absolument assister à ce spectacle? Laissez-vous convaincre par nulle autre qu’Adina : « Il ne faut pas hésiter! Le pouvoir de la musique « live » sur l’âme est bien plus fort que tous les élixirs, remèdes miracles, ou autres. C’est un opéra qui fait du bien après une si longue période sans arts vivants. » Surtout que la question se pose : « qui n’aime pas une bonne comédie romantique? » Voilà! Le rendez-vous est donc lancé pour ces retrouvailles en salle avec l’art lyrique.