Le Chœur de l'Orchestre symphonique de Québec
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L’histoire du Chœur de l’Orchestre symphonique de Québec est un récit de passion. Depuis plus de 40 ans, l’ensemble a non seulement été un instrument artistique de premier ordre dans la vie musicale de Québec, mais il demeure un incomparable creuset d’amitiés et d’échanges fructueux entre amoureux de musique en général et de chant choral en particulier.
Il faut dire qu’il existe à Québec une tradition chorale des plus vivantes. Dès 1793, les citoyens de la Capitale pouvaient déjà entendre les grands chœurs du Messie de Haendel. Au cours du XIXe siècle, les sociétés chorales se multiplièrent, phénomène qui s’accentua au XXe siècle. De grandes œuvres chorales, réunissant des centaines de choristes étaient notamment présentées à l’occasion de manifestations religieuses grandioses. Dès sa fondation, la Société symphonique de Québec (ancien nom de l’OSQ) est invitée à offrir un soutien instrumental à ces formations pour l’exécution d’œuvres souvent gigantesques, et ce, jusque dans les années 1930. En revanche, entre 1939 et 1954, l’OSQ n’accompagne aucun chœur de façon formelle. En 1956, le directeur musical de l’Orchestre, Wilfrid Pelletier, a l’idée de présenter des opéras en version de concert qui requièrent la présence d’un chœur. On fait d’abord appel au Chœur Roc-Amadour, dirigé par Réal Joly, puis en 1958, la Chorale de l’Université Laval prend le relais jusqu’en 1963. En plus des opéras, diverses œuvres chorales sont alors entendues, dont la première exécution canadienne de Carmina Burana de Carl Orff en 1963.
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| Hommage à Geneviève Barry (alto) et Bernard Guay (basse), membres du Chœur depuis sa fondation (1964), après le concert du 2 décembre 2004 (photo: Anne DeBlois) |
Désireux de présenter ce type d‘ouvrages sur une base régulière et avec une formation plus adéquate qu’une chorale d’étudiants, l’assistant de Pelletier, Françoys Bernier, décide à l’été de 1964 de mettre sur pied un chœur qui sera entièrement voué au répertoire symphonique. Le 19 septembre 1964, les journaux annoncent la création du Chœur symphonique, dont le premier concert est prévu le 18 décembre. C’est bien entendu le Messie de Haendel, sous la direction de Wilfrid Pelletier, qui est alors choisi pour l’occasion. Le lendemain, chœur, solistes et orchestre prennent le chemin de Rimouski où le triomphe de la veille se répète. Dans Le Soleil, Marc Samson écrit : « La ferveur et l’enthousiasme du public ont, dès cette première audition intégrale à Québec, prouvé que le Messie à la Basilique doit devenir une tradition et que, comme dans beaucoup d’autres villes, le temps de Noël doit nous permettre de réentendre ce chef-d’œuvre ». Un souhait que le Chœur de l’OSQ allait réaliser …
Dès lors, la programmation de l’OSQ allait normalement comporter au moins deux grandes œuvres chorales par année, une pour le temps de Noël (le plus souvent, le Messie), une autre pour la fin de la saison. En avril 1965, le chœur se fait entendre dans le Daphnis et Chloé de Ravel, à l’automne suivant, dans la IXe symphonie de Beethoven et de nouveau dans le Messie en décembre 1965, qui est entendu à la Basilique et à Thetford Mines (église Saint-Alphonse). En avril 1966, la jeune formation donne le Requiem de Mozart à l’Église Saint-Roch et le lendemain à la Place des Arts de Montréal. Pour la première fois, elle est dirigée par un chef invité. Et quel chef : il s’agit du légendaire Sergiu Celibidache, ancien directeur musical du Philharmonique de Berlin que Françoys Bernier avait connu lors de stages de direction à Sienne en Italie. L’assistant chef de l’OSQ avait réussi à persuader Celibidache de venir diriger plusieurs concerts de l’OSQ, dont celui-ci qui constitue un moment historique pour l’histoire du chœur. L’année suivante, le 27 novembre 1967, le Chœur symphonique franchit un autre pas important dans son évolution en créant le Te Deum de Roger Matton, présenté dans le cadre du 65e anniversaire de l’OSQ.
L’arrivée du chef Pierre Dervaux à l’OSQ en 1968 marque pour la formation un nouveau point tournant. Chef réputé mondialement, Dervaux élargit considérablement les horizons du chœur avec des œuvres comme Le Roi David d’Honegger, la Messe Sainte-Cécile de Gounod, L’Enfance du Christ de Berlioz, la très exigeante Missa Solemnis de Beethoven et le Requiem allemand de Brahms. À partir de 1970, il a, pour le seconder, une jeune répétitrice de grand talent, Chantal Masson, qui va permettre au chœur de relever d’immenses défis et d’atteindre des niveaux insoupçonnés.
Avec les années soixante-dix, le chœur atteint sa pleine maturité artistique. La plupart des grandes œuvres avec orchestre y sont données avec succès : La Création de Haydn, le Requiem de Verdi, la Messe en si mineur de Bach, l’Oratorio de Noël et la Passion selon saint Jean de Bach, Judas Macchabée de Haendel, le Gloria de Poulenc, Carmina Burana de Orff, la Deuxième symphonie de Mahler et plusieurs autres. Au cours des trois décennies suivantes, le public applaudit en outre la Passion selon saint Matthieu de Bach, le Psaume XLVII de Florent Schmitt, les Chichester Psalms de Bernstein, La Damnation de Faust de Berlioz, la Troisième symphonie de Mahler, des œuvres diverses de Bach, Cherubini, Mendelssohn, Liszt, Brahms, Bruckner, Fauré, Duruflé et combien d’autres encore… En 1993, à l’occasion du 90e anniversaire de l’OSQ, le chœur crée la Messe sur le monde de Clermont Pépin et, en mai 2003, assure la première exécution de ARTE ! de Denis Gougeon lors du concert de clôture de l’éblouissante saison du centenaire de l’Orchestre.
En mars 2006, le Chœur de l’OSQ relevait avec brio un grand défi artistique, en participant à l’exécution de l’étonnante Symphonie no 3, « Kaddish », de Leonard Bernstein. Son excellence, à cette occasion, a été reconnue à l’échelle nationale puisque ce concert a remporté le prix Opus du « Concert de l’année – Québec », saison 2005-2006.
Le Chœur de l’OSQ a toujours participé à la vie sociale et politique de Québec depuis ses origines. Il s’est en outre produit dans le cadre des festivals de Québec et de Lanaudière et s’est fait entendre en avril 2001 lors du Sommet des Amériques, en présence de Jean Chrétien, George W. Bush et Vicente Fox.
Au cours de son histoire, le Chœur de l’OSQ a été dirigé par Françoys Bernier, Jocelyne Desjardins, André Martin, Pierre Loranger, Marcel Laurencelle, Élise Paré-Tousignant, Chantal Masson, Charles Dumas, Bernard Labadie, Marthe Lacasse, Louise Delisle-Bouchard, Jean-Marie Zeitouni et David Rompré, l’actuel chef du chœur.
Note historique rédigée
par Bertrand Guay, mise à jour
à partir du programme de fin de la saison 2006-2007 de l'OSQ
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Dernière mise à jour le 10 févr. 2010
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